Rêveries épistolaires

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Cher Toi,

Je prends la plume ce soir pour coucher sur le papier tous les mots que je n’ai jamais eu l’occasion de te dire. Et je me mets à rêver que les boucles, les volutes et autres calligraphies qui s’encrent sur cette feuille viennent s’imprimer sur ton torse et dans ton coeur. Autant de signes vides de sens s’ils ne sont pas accolés les uns aux autres, mais dont tu comprends la signification car ils nous relient toi et moi. Tu manques à ma vie. Mes rires me semblent un peu fades, mes nuits bien froides et solitaires. J’ai bien quelques amants, parfois tendres, souvent bestiaux, mais leurs bras ne font que renforcer ton absence et leurs coups de reins creusent encore davantage le vide en moi. C’est ton souffle que j’aimerais sentir dans mon cou. C’est dans tes yeux que je veux me voir. Ce sont tes mains auxquelles aspire ma peau. Et ton sexe que je veux accueillir entre mes seins.

Tu m’accompagnes dans mon quotidien comme dans les moments plus extraordinaires. Quand je prends un bain, j’allume des bougies. Je t’imagine me regarder me déshabiller, un sourire en coin. Je sens tes yeux qui scrutent mon corps et je me sens belle. Quand je me glisse dans l’eau, alors c’est pour venir m’installer entre tes cuisses. Je sens ta respiration soulever ton torse, tes bras m’entourent. Je prends tes jambes et les fais glisser au-dessus des miennes pour que la raie de mes fesses épouse parfaitement ta verge. Instinctivement je tangue et tu deviens de plus en plus dur. Et c’est avec les dents que tu pénètres ma nuque, mes épaules, les lobes de mes oreilles. Un simple corps-à-fesses, un peau-à-dents et nous voilà au paradis. Nous prolongeons nos caresses, nous savons bien qu’elles ne sont que les prémisses d’une douce nuit. C’est avec la peau rougie par l’eau bouillante que nous nous embrassons à même le plancher de la salle de bain. Et quand vient le moment où enfin tu te glisses en moi, mes ongles s’enfoncent dans ta chair et nous fondons l’un en l’autre.

C’est avec toi que je me balade en forêt. C’est main dans la main que nous arpentons les rues de villes étrangères. C’est ensemble que nous trinquons jusqu’à rentrer, presque titubants, au petit matin, les oreilles encore bourdonnantes de sons et la tête emplie d’images. C’est synchrones que nous explosons de rire. C’est la tête sur ton épaule que je sèche mes larmes.

Je rêve souvent de notre première fois, de la première fois où j’ai fait l’Amour. La découverte de l’autre est toujours terriblement excitante, mais l’exploration de toi est surnaturelle. Petit ou grand, maigrelet ou trapu, ton corps est fait pour moi. C’est avec l’innocente curiosité des enfants que nous nous effeuillons mutuellement. Un subtil dosage entre lenteur et précipitation. Entre envie de savourer la peau tout juste mise à nu et avide désir de la découvrir davantage. Je fais glisser mes doigts sur chaque parcelle de ton corps, dans chaque recoin, dans chaque pli. Tu joues avec ma toison. Ma langue se perd dans le creux de tes aisselles. Tes doigts disparaissent dans mon intimité. Mes soupirs brisent le silence qui nous enveloppe. Tu me fais tienne. Nos sueurs se mêlent. Et nous crions à l’unisson.

Oh tu es loin d’être parfait, et je t’en voudrai si tu l’étais. Tu râles le matin quand tu te brûles avec ton café, tu jures au volant comme un charretier, tu procrastines dès qu’il s’agit de bricoler un peu, un simple rhume et te voilà à l’agonie, ou tant d’autres choses encore. Et si sur le moment cela m’irrite profondément, je t’admire tel que tu es. Tu es mon ami, mon amant, mon Eros. Mais ne va pas croire que je ne suis qu’une amante faite de guimauve et de roses pensées. Non. Tu me donnes des envies de baises intenses, d’être juste un corps qui veut jouir, sans tabous et sans complexes.

Lorsque je te veux bestial, je sais comment te provoquer. D’un trait d’eye-liner, je dessine le contour de mes yeux, et je souligne d’un rouge arrogant mes fines lèvres. Je porte de jolis dessous en dentelle : un soutien-gorge qui accentue le creux entre mes seins et une culotte qui marque encore davantage le contraste entre la finesse de ma taille et le galbe de mes hanches. Tu les devines sous ma robe. Je réajuste volontairement mes bas devant toi, en toute innocence, en te souriant. Je me pare de tous les banals atours de la féminité pour allumer l’animal en toi. Prudente, mais surtout désireuse de te sentir bouillonnant, je garde mes distances. Tu sais bien que ce petit jeu m’amuse et tu y excelles. Je reste hors de portée des mains que tu tends vers moi. Je te nargue en faisant glisser mes doigts dans mon décolleté, puis dans mon entrecuisse. Au bout d’un moment, imprévisible dans sa durée, tu bondis comme un guépard sur sa proie. Après avoir dévoré mes lèvres artificiellement rouges, tu descends vers celles ruisselantes de cyprine. Tu te frottes d’abord contre mes dessous à la dentelle humide, me mordille au travers, puis tu fais glisser le fin morceau de tissus pour, d’un coup de langue habile et profond, écarter le sourire de mon con. Tu me lèches avec avidité et voracité. Tu me branles en même temps avec les doigts, et je jouis dans ta bouche. Alors vient le moment où tu m’attrapes les cheveux et tu me guides vers ta verge. Tu t’es déjà déboutonné et tu accentues l’enfouissement de ta queue dans ma gorge. Je fais rouler ma langue tout autour. Brusquement tu m’arrêtes et m’amènes vers ton étoile. Je te lèche le cul sous les insanités que tu profères. A ce moment tes insultes sont pour moi comme des caresses. C’est parce que je t’aime que je me fais chienne, salope et autre catin. Et c’est en levrette que tu jouis en moi. Nous nous endormons dans les bras l’un de l’autre, enivrés et heureux, redevenant les amants tendres du quotidien.

Avec toi, je suis moi. Je peux être la sainte et la putain. Tu me rends ombre et lumière. Je veux goûter à la liberté d’être enchainée à toi. Je sais que tu es là quelque part. Et si je ne t’ai pas encore trouvé, j’espère que toi, tu me trouveras. Nos chemins vont se croiser, je le sais intimement.

Viens, je t’attends.

Popins

“Emportés par la foule qui nous traîne
Nous entraîne
Écrasés l’un contre l’autre
Nous ne formons qu’un seul corps
Et le flot sans effort
Nous pousse, enchaînés l’un et l’autre
Et nous laisse tous deux
Épanouis, enivrés et heureux”        La foule, Edith Piaf

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