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Remi Rebillard

 

Je suis une WD-465-678, la dernière génération de Love Doll, équipée d’un scanner à lecture des émotions au niveau de la pupille, d’un système de reconnaissance vocale des ordres les plus courants : écarte, suce-moi, tu aimes hein, prends çà, et d’un simulateur oral avec différentes possibilités de tonalités de voix et de cris ou autres râles. Je n’ai pas été programmée pour faire la discussion, il parait que les clients n’aiment guère cela. On ne m’achète pas pour faire l’amour mais pour baiser, la version sentimentale qui déclare des “je t’aime” au moment de l’éjaculation de l’utilisateur coûte 500 euros de plus. Il parait que les humains, quand ils aiment, ils ne comptent pas.

Lui il a compté, il m’a choisi sans option, même pas celle de la chevelure interchangeable, pourtant à moindre coût. Je resterai blonde. C’est encartonnée qu’il m’a amenée chez lui, bien certainement qu’il n’a pas voulu prendre le risque que ses voisins ne découvrent qu’il allait s’envoyer en l’air avec une poupée. Il a défait avec impatience l’emballage avant d’appuyer sur le bouton ON.

Je cligne des yeux, analyse le visage de mon propriétaire, lui souris :

— Dois-je vous enregistrer comme mon utilisateur principal ?
— Oui, répond-il sèchement.
— Très bien, et quel nom dois-je vous attribuer ?
— Oh ta gueule poupée ! Tu vas pas commencer à me gonfler.
— Oui Monsieur utilisateur principal.

C’est la phrase de trop, il appuie sur le bouton mute.

Il me porte jusqu’à sa chambre, ne prend pas la peine de me déshabiller. Il se contente de déboutonner mon chemisier et de soulever ma jupe plissée pour contempler mes finitions, il sourit de contentement. Il bande déjà et vient tester chacun des mes orifices en commençant par ma bouche qui produit une salive artificielle tempérée pour plus de réalisme, puis par mon cul avant de se plonger dans mon con. Mon sexe résiste un peu. Il ne pourra pas entendre le petit cri que j’aurais dû laisser échapper lorsqu’il a déchiré mon hymen. Il se régale cependant de voir un peu de liquide rouge visqueux et chaud s’écouler de mon entrecuisse. Et il se précipite sur le bouton re-virginité.

Mon système d’auto-régénération se met en route et une nouvelle pellicule vient me rendre vierge de nouveau. Il me dépucellera toute la nuit.

Le lendemain il rédigera son avis sur son blog : produit très satisfaisant, excellentes finitions, sensations de dépucelage bien réelles.

Quelle satisfaction prennent ces hommes à prendre la virginité d’une poupée en silicone sachant qu’elle ne leur a nullement offerte ? Les humains resteront pour moi une éternelle énigme. Dans leur monde tout s’achète, se vend, se négocie. Les hommes avec leur argent sonnant et trébuchant, les femmes avec leur corps comme monnaie d’échange. Le commerce comme fondement de leur vie pour un bonheur mercantile.

 

Contrainte du 9/02/2018 : Love doll, blog, hymen, orifices, amour, virginité, baiser, énigme, interchangeable

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