C’est du propre !

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Bateau-lavoir à Nogent-sur-Seine, au début du XXe siècle.
(Carte postale ancienne, coll.E.Berthault)

 

Felix Masson était capitaine de bateau-lavoir. Son établissement accueillait chaque jour une dizaine de lavandières qui travaillaient dur pour fifrelin à la fin de la journée. Il ne faut pas s’étonner de la réputation de femmes aux mœurs légères de ces courageuses travailleuses. Il faut bien un peu de plaisir pour tenir le battage et l’essorage du matin au soir. Aussi, à tour de rôle, elles s’envoyaient en l’air derrière un drap étendu, mis à sécher sur le pont supérieur du bateau.

Le préfet voulut régenter les mœurs et prit à cœur de stopper toute odieuse fornication dans ces endroits dédiés à la propreté, bien certainement par frustration parce que, lui, personne ne voulait lui tripoter son popaul. Il envoya donc son fleur-fesse Augustin du Maret pour veiller à la bonne conduite de ces dames.

Le copurchic dénotait clairement sur le bateau où les femmes ne portaient pas de pet-en-l’air mais des tabliers en toile épaisse pour se protéger. Il allait et venait, tel un sergent, droit comme un i, bras croisaient derrière le dos, le port de tête altier à déblatérer des rodomontades sur les bienfaits de la chasteté et son indispensable présence pour le salut de toutes.

L’ennui gagnait le bateau et les dames n’avaient plus d’entrain pour  battre sur la selle le linge bouilli et elles désertaient leur poste à la faveur de la rivière et de ses bosquets. Felix se devait de réagir. Il alla donc voir un bonimenteur qui réussit à le convaincre qu’il avait le remède qu’il fallait. Au retour, son épouse le railla : “Mais que tu es naïf mon pauvre Félix, il t’a refourgué de la poudre de perlimpinpin ! “.

Faisant fi des râleries de Madame, il s’approcha de l’indésirable trouble-fête et lui lança une pleine poignée de poudre magique.

L’enchantement se produisit et l’homme sérieux et austère fut soudainement atteint d’un ver-coquin. Il baissa son pantalon et implora qu’on le fesse au moyen du bâtoir.

Les lavandières se défoulèrent entre deux draps, bottant les fesses de celui qui était venu leur botter les leurs avant de retourner à leur poste, mettant tout leur coeur dans leur ouvrage.

C’est ainsi que Felix Masson sauva son entreprise. Le préfet voulu même saluer la tenue exemplaire de sa maison. Et quand il posa le premier pied sur le pont, on l’accueillit en lui lançant de pleines poignées de poudre à dévergonder.

Contrainte du 1/02/2018 : pet-en-l’air, rodomontades, capitaine de bateau-lavoir, popaul, copurchic, fleure-fesse, fifrelin, perlimpinpin, ver-coquin.

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