Le cochon de Matignon

Certains disent que la France est en marche.

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Emmanuel Macron vient d’être élu à une large majorité, ce qui lui donne accès au poste capital de Chef de l’Etat français. Sa légitimité est, en partie, consécutive à la forte mobilisation du peuple face à une réelle montée de racisme et autre phobies discriminatoires. Un élan de lutte face à la menace du détestable bien que tristement célèbre mouvement fasciste et aux obscurs souvenirs qui l’accompagnent.

La campagne a fait beaucoup de bruit, a suscité de nombreuses attaques ou remarques en tout genre. Vous n’avez certainement pas manqué cette allusion psychanalytique, pas forcément du meilleur goût, de l’entre deux tours qui opposait « celle qui a tué son père et celui qui a épousé sa mère ». De formation initiale d’infirmière psychiatrique, je suis désormais consultante en travail groupal analytique (n’y voyez pas une allusion scabreuse). Mon rôle, sur mandat de l’institut Tavistock basé à Londres, consiste à aider, à améliorer le fonctionnement des institutions, des organisations par un travail sur l’inconscient collectif groupal.

Madame Macron, victime malheureuse et désignée de nombreuses attaques, a suggéré à son époux une intervention de ce type auprès du gouvernement dans l’espoir d’élargir les représentations inconscientes. Auprès de ceux qui, ensemble mais chacun dans leur domaine, vont prendre des décisions décisives pour notre pays.

 J’ai donc répondu à l’appel de Londres et suis allée, dans un élan patriotique, mettre à disposition mes services. Avec pour ambition, si ce n’est de venir à bout tout au moins d’assouplir, des résistances et autres blocages psychiques, afin de favoriser la révolution en route qui nous a été annoncée. Mon intervention consiste en séances groupales intensives de libre association, les ministres et autre secrétaire d’Etat rassemblés en cercle, en huis clos quotidien de six heures, par tranche d’une heure trente, avec pour seule consigne de laisser venir ce qui vient et de formuler les images, les pensées en laissant, dans la mesure du possible, la censure de côté.

Je me rends à Matignon en tailleur jupe sobre, mes jambes voilées sont sublimées par des talons dont la hauteur est justement dosée afin de jouer parfaitement sur ma féminité tout en respectant la limite de décence imposée par la société, gage de mon sérieux et de ma crédibilité. Je me sens un peu tendue durant le trajet car, si je suis expérimentée dans mon domaine, c’est la première fois que j’interviens auprès de personnes ayant tant de responsabilités. Le taxi arrive dans la cour, et c’est Edouard Philippe, le premier ministre, chef du gouvernement qui m’attend pour m’accueillir.

Les clichés de lui circulant sur internet le montrent tantôt séduisant, tantôt pas vraiment à son avantage. Et j’attendais, presque avec impatience, de me faire une opinion subjective de mes yeux vus. Je le trouve très sexy dans son élégant et onéreux costume. « Il a cette assurance des hommes dont on devine que le papa a eu de la chance… » me trotte en tête lorsque nos regards se croisent au moment où il me serre la main pour me souhaiter la bienvenue. Pourtant loin de moi l’idée de le considérer comme un paumé, être nommé à ce genre de poste témoigne au contraire d’une détermination éclairée, et nous ne sommes pas au petit matin mais en début de journée. Ses yeux noisette semblent me transpercer en profondeur. Sa barbe, parsemée de nuances poivre et sel, est parfaitement entretenue, et apporte une virilité à son visage qui contraste un peu avec la douceur de son sourire. Son front dégarni lui sied à merveille, et c’est un peu troublée que je le suis dans les couloirs jusqu’à la salle qui sera notre salle de groupe.

Pour des raisons évidentes de confidentialité, accentuée ici par une pointe de Secret Défense, je tairais les propos tenus durant les séances. Je peux toutefois témoigner que nos dirigeants se sont, presque à l’insu de leur plein gré, laissés emporter par l’inconsciente régression qu’induit le dispositif de mon intervention. Et tel un chef d’orchestre, j’ai tenté de rendre audible et harmonieuse l’œuvre produite par les différents instruments, chacun avec sa propre sonorité, parfois juste, parfois presque dissonante. Au fur et à mesure de la composition de notre mélodie commune chacun, à son rythme, a pris le chemin vers une maturation, développement psychique incluant un passage par l’adolescence.

Edouard, le premier ministre, s’est rapidement montré pubère. Il me lançait des regards appuyés et déshabillant lorsqu’il avait pris soin de s’installer face à moi, d’autre fois c’est en se plaçant à mes côté qu’il s’enivrait de mon parfum sucré et épicé. Je ne suis pas insensible à son charme, et mon intimité était logée dans une dentelle humide. Mon décolleté s’est fait, sans intentionnalité consciente, de plus en plus plongeant au fil des jours. C’est avec un sentiment d’excitation confuse que je concluais notre dernière séance de travail. Je m’apprêtais à quitter Matignon quand on vint m’interpeller.

— Madame Popins, Monsieur le premier ministre souhaite s’entretenir avec vous. Veuillez me suivre je vous prie.

Edouard veut s’entretenir avec moi ? Cette annonce me déstabilise et balaie, en un instant, le sentiment de satisfaction du devoir accompli que je ressens pour faire place à l’envie. Je traverse le luxueux hall de l’hôtel baroque que la république met gracieusement à disposition de Monsieur Philippe et nous arrivons enfin devant une double porte sur laquelle s’abat à trois reprises la main de mon guide pour m’annoncer.

— Oui ?

— Madame Popins, Monsieur le premier ministre.

— Parfait, faites la entrer et laissez nous. Merci.

Je me sens toute intimidée seule face à l’homme assis derrière un délicat bureau pourtant assez large. Le bois est finement travaillé, la patine reflète l’âge avancé du meuble qui est protégé sur sa surface par un cuir vert agrémenté d’une bordure dorée. Des documents tamponnés « confidentiel » sont étalés ça et là.

Edouard se lève et vient vers moi. Il m’invite à m’installer sur l’un des deux fauteuils rococo placés devant une grande fenêtre, large ouverture sur le monde toutefois abritée des regards curieux par un délicat voilage. Sur la table placée un peu en retrait se trouve un seau argenté rempli de glaçons, dont dépasse le culot d’une bouteille de Ruinart. C’est comme un chef qu’il l’ouvre et nous sert.

— Je voulais conclure votre intervention en trinquant pour la célébrer et vous témoigner de ma reconnaissance.

Cela me fait rougir et je saisi la coupe qu’il me tend.

— Santé Madame, à vous !

— Santé Monsieur le premier ministre, le regard plongé dans le sien comme le veut la tradition.

Nous parlons de tout et de rien, tous deux imprégnés par l’ambiance adolescente qui a teinté notre journée de groupe. Je me sens échauffée par toutes les allusions salaces qui ont été énoncées. Les yeux qui plongent entre mes seins ne sont pas source de refroidissement. Et comme notre chère planète, je subis en moi les effets du réchauffement climatique secondaire à l’action humaine. Nos souffles deviennent courts entre deux rires, ponctuation de nos échanges qui se font de plus en plus obscènes sous l’effet du champagne. Monsieur Philippe souhaite me montrer un ouvrage qu’il détient, un exemplaire rare et illustré des « Onze mille verges », et c’est en approchant mes mains du recueil des péripéties du prince Vibescu que ma bouche se retrouve à hauteur de son bassin, à la faveur d’un mouvement de ma tête.

Je le prends comme une invitation et vient coller mes lèvres sur le monticule qui se dessine sur la flanelle. J’accentue la pression tout en y ajoutant des mouvements à droite et à gauche, frottant mon visage sur le sexe, à présent tout dur, du Chef de notre gouvernement. Il décrante sa ceinture, se déboutonne et fait glisser sa braguette pour me présenter son phallus, fièrement dressé devant moi. Je le parcoure d’abord du bout de la langue, explorant tant son gland que la peau fine qui recouvre son généreux attribut. Quand mes lèvres l’enserrent et qu’il pénètre ma bouche, Edouard se fait plus dirigeant, accentuant avec des pressions sur ma nuque qu’il tient fermement entre les mains, l’enfouissement au creux de ma gorge. Son gland bute au fond, j’en étouffe presque et de la bave coule sur mon menton. Il accroît encore mon délicieux supplice par des mouvements de reins qu’il stoppe net pour écarter temporairement tout risque de s’abandonner à la jouissance. La main qu’il tend et la lueur lubrique qui brille au fond de ses yeux m’incitent à aller me positionner sur le bureau ministériel. Ma blouse, mes seins s’étalent sur le cuir tanné. Mon postérieur s’offre à son intention. La coupe cigarette de ma jupe l’oblige à faire glisser par le bas le morceau de tissus qui empêche l’accès à la brèche brûlante que je lui offre. C’est avec les dents qu’il fait glisser ma fine dentelle trempée le long de mes jambes gainées de bas. Je soulève un à un mes crédibles talons pour être tout à fait à l’aise et faire preuve d’une grande ouverture face au politicien. C’est sans plus de protocole qu’il vient s’engouffrer au creux de mon intimité, fermement, brutalement, bestialement. Ses mains prennent appui sur mes hanches pour lui fournir encore davantage de puissance. Je gémis en écho à ses râles, et une vive et intense décharge de plaisir nous emporte synchrones. Il nous faudra un moment pour retrouver nos esprits et une allure correcte qui ne laisserait pas suspecter nos ébats. Mes yeux encore embrumés quand je monte dans le taxi me laissent cependant penser que personne n’est dupe.

Depuis j’interviens encore régulièrement, à titre professionnel, auprès du premier ministre. Si mon travail effectif ne correspond pas forcément à celui pour lequel je suis mandatée, je ne tolérerais pas qu’on qualifie mon emploi de fictif. Car c’est pour le bien de la Nation que j’assouvis les désirs de l’homme politique. Si Brigitte Macron est première dame de France, je suis la première dame de l’ombre.

Je fesse le vilain Monsieur installé sur mes genoux, le cul à l’air, qui m’implore de le punir et ainsi de le soulager de sa culpabilité d’imposer au peuple des mesures drastiques. Je me fais sodomiser, telle Marianne se faisant dilater l’anus pour illustrer les slogans des banderoles qui défilent dans les rues pour exprimer le ressenti des français. Je me glisse parfois sous son bureau pour le sucer, l’aidant ainsi à se détendre lors de rencontres officielles avec un chef d’Etat rétrograde et coincé. Tout cela lui permet de diriger de son mieux le gouvernement avec la conscience presque tranquille. J’en retire beaucoup de satisfaction car j’aime mon pays malgré les sombres événements passés et actuels qui composent son histoire, et que je suis attachée aux valeurs tant souvent bafouées de Liberté, d’Egalité et de Fraternité. Vive la République et vive la France !

 

21 mai 2017

2 commentaires sur “Le cochon de Matignon

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