Si té viens dins’l’Nord

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Maubeuge, les Gilles de la kermesse de la bière,  collection-jfm.fr

Les gens du Nord sont bien souvent considérés comme les demeurés de la France et les maudits. Pédophile, alcoolique, retardé mental, les compliments ne manquent pas à leur égard. On situe mal leur département, les sudistes considérant que le Nord concerne les territoires au-dessus de la Loire.

Tout ceci n’est que carabistouille.

Le Ch’Nord possède une culture qui lui est propre, forte, belle et généreuse. Les Chtimis, en plus du sens de l’ironie, ont une richesse d’Âme, une grandeur de cœur et une simplicité naturelle qui devraient clouer le bec et forcer l’humilité à tous les prétentieux qui vivent en capitale ou sous le soleil, pensant à tort qu’il n’est nul plus bel endroit que le leur.

Les chtis ont une force de caractère qui leur permet de chanter à tue-tête une berceuse avec succès escompté au rendez-vous tel le p’tit Quinquin, que les nourrissons non-chtis ne pourraient supporter.

Ils détiennent la recette secrète de la fricadelle, et peuvent malgré tout se régaler de cette saucisse grasse aux ingrédients improbables. Les estaminets proposent dans une ambiance conviviale du waterzoï ou autre carbonnades, la daube ou le bourguignon de chez nous, sorte de ragout à la bière.

Une simple ducasse et la ville est en fête, la bière coule à flot, les Géants défilent accompagnés par les Gilles qui lancent des oranges à la foule en liesse. Une variante à base de Hareng existe à Dunkerque lors du fameux carnaval, où les hommes se travestissent en femme, perruques, jupes à froufrou dansant dans la rue et bien souvent sous la pluie au son des berloques. Les bals du carnaval sont joyeux, festifs, arrosés, occasion de fredaines et autres folies.

Ils sont capables de faire des balades romantiques sous un ciel gris au bord du Canal, dont les berges accueillent pêcheurs et amoureux qui se côtoient sans qu’aucun ne dérange l’autre.

Leur imagination est sans limite. Ils skient sur certains terrils, ingénieux système de neige artificielle au mieux, de tapis d’eau à défaut. La moindre chute rend la victime trempée. Mais elle se relève et repart tout schuss.

Je ne cherche nullement à convaincre. Juste à vous dire que si vous osez prendre le risque d’aller en contrée Chti, vous ne le regretterez pas et vous vous rendrez compte que nous n’avons rien à envier à qui que ce soit.

Si té viens dins l’Nord, dins l’Nord ou dins l’Pas-d’Calais, cros pas ç’qu’in t’a raconté
Té verras qu’ichi, in y est bien au pays des ch’ti mis.

Si té viens dins l’Nord, Simon Colliez

 

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