One mort Time

Ce texte a été écrit dans le cadre de la quatrième édition du prix de la nouvelle érotique, hors participation au concours.
Un thème : One mort time et le mot final : entonnoir.

Le cirque réalité,
Sans paillette, ni flonflon
Avec la Mort, la vraie,
Eclairée au néon.

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Henri Oltramare, « La Trapéziste », vers 1900

 

Balancement en rythme. Jambes repliées autour de la barre. Buste nu. Bras tendus vers la voltigeuse qui s’élance avec grâce. Leurs mains s’agrippent. Leur peau se frôle. Leurs yeux se disent je t’aime.

Sergio éteint son écran de télévision. Les programmes à sensations -téléralité ou émission à laquelle on ne peut pas toucher, surtout avec des neurones- font audience maximale tandis que le public déserte les chapiteaux. Les saltimbanques n’attirent plus les foules. Les gens veulent du scandale, de la bêtise. Société d’inepties. 
Il regarde dormir sa trapéziste. Celle qui met sa vie à portée de ses mains. Elle est belle et paisible. Cela fait maintenant cinq ans qu’ils sillonnent les routes ensemble, au gré des déplacements de leur cirque qui amène de la magie dans les coins les plus reculés de France. Il s’allonge à ses côtés, doucement pour ne pas la réveiller. Il hume son odeur, la borde du regard, adapte sa respiration aux soulèvements de sa poitrine. Il s’endort.
One dormition Time

Au réveil, des baisers au goût de la nuit pour petit déjeuner, ils se sourient. C’est ainsi qu’ils commencent chaque journée. Puis viennent les caresses mutuelles. Explorations sans cesse renouvelées, d’abord douces et tendres puis ongulaires et bestiales à mesure que leur corps se réveille. Salomé soupire tandis que Sergio lui lèche les seins, faim de loup et coups de langue, succions et mordillements. Sa poitrine se bombe. Ses tétons bandent. Son bassin tangue. Ses doigts passent entre les cheveux poivre et sel de son amant, fins filaments de soie. Son désir grandit. Elle le veut en lui. “Prends-moi !” lui souffle-t-elle. C’est tout en tendresse qu’il abandonne ses seins pour mêler sa langue à celle de son aimée. Ils s’embrassent les yeux dans les yeux tandis qu’il glisse son sexe dans son amande inondée. D’abord en douceur, tango de leur bassin, avant d’accélérer le tempo. Il la possède crescendo. Elle écarte les cuisses. Son phallus devient bite. Elle resserrent les jambes. Son con devient chatte. Leurs corps fusionnent. Elle contracte ses chairs. L’orgasme les emporte. 
One cupidon Time

Puis ensemble, ils quittent leur caravane et entrent dans le chapiteau pour reprendre leur entrainement. Chaque matinée est consacrée à mettre en place de nouveaux numéros. Inlassablement, ils répètent les mouvements, se synchronisent. D’un trapèze à l’autre, elle bondit. Corps à corps aérien. Lui, les muscles saillants toujours, vaillant porteur. Elle, les yeux bandés cette fois, habile voltigeuse. C’est au son de sa voix qu’elle perçoit le moment juste. Une confiance aveugle. Un abandon total. Le temps est compté. Déjà il faut laisser la place aux autres artistes ; jongleurs, funambules et autres acrobates. C’est le moment du repos avant d’enchainer sur les deux représentations de la journée.
Les gradins sont presque vides à seize heures, quasiment déserts à vingt heures. Malgré tout, chaque membre de la troupe exécute son numéro avec tout son coeur, de tout son être. C’est la fierté des baladins, assurer le spectacle malgré tout. Si c’était l’appât du gain qui les motivait, ils auraient choisi un autre métier. C’est la passion qui les fait vivre. Mais la passion ne nourrit pas, si ce n’est leur âme. Demain, ensemble, ils démonteront le chapiteau et reprendront la route. Solidaires face au déclin de leur art, solitaires dans leur peine. Bavards de leur ambition, taiseux de leur désillusion.
One besogne Time

C’est main dans la main que Salomé et Sergio regagnent leur caravane, fourbus mais heureux. Justaucorps et fuseau recouverts d’un plaid. Le vent est piquant sur leur peau moite. 
Elle se déshabille la première. Il l’aide à ôter ses collants en résille. Il prend ses pieds entre ses mains et les dépose sur ses genoux. Il les caresse simultanément du bout des doigts. D’abord sur le dessus, puis en prenant chaque orteil qu’il entoure, étire, masse. Il glisse ensuite jusqu’à la voute plantaire. Il sillonne le creux avec ses pouces, remonte de bas en haut, insiste sur la tranche. Salomé se laisse aller. Elle entrouvre les jambes et dévoile son intimité. On ne porte pas de dessous sous un costume de cirque. Ce serait disgracieux. Les spectateurs viennent aussi pour admirer ses fesses moulées dans le lycra. Sergio le sait bien et il aime savoir qu’elle fait bander certains. Il n’est pas jaloux, leur confiance est totale, leur complicité rare, leur accord parfait. Elle repose les pieds au sol et vient placer sa tête sur l’entrejambe de son favori. Elle y frotte ses lèvres dans un mouvement de balancier, de droite à gauche, variant la pression. Lentement, elle le sent durcir. Elle libère le sexe qui se dresse alors devant elle, l’imprègne de salive d’abord sur le gland, puis jusqu’à la racine des couilles sans l’enserrer des lèvres. Juste avec la langue. Elle descend de plus en plus, Sergio glisse sur sa chaise, et Salomé vient flatter son anus de baisers lingués. Elle se fait plus intrusive et s’immisce entre les stries. Elle plonge en lui, tournoie, le fouille tandis que sa main s’agrippe à la queue raide, son pouce titillant le gland. Sergio l’attrape par les cheveux et la dirige vers son sexe. Elle l’avale entièrement à en étouffer. Il maintien la pression sur sa nuque jusqu’à ce qu’il sente la bave ruisseler et goutter au sol. Alors Salomé vient s’empaler sur lui, à califourchon. Les pieds ancrés, ses cuisses s’activent pour qu’il aille tout au fond d’elle. Sergio accentue les mouvements en se cramponnant à ses hanches.  Cul qui claque sur les cuisses. Râles qui se répondent. Yeux clos qui voient tout. Narines qui captent les effluves des fluides qui se mêlent. Sueurs qui se mélangent. C’est leur plus beau numéro. Une représentation privée de leur plus grand talent. Leur Art de s’aimer. Ils restent enlacés jusqu’à ce que le sexe de Sergio débande, jusqu’à ce que le con de Salomé rende la semence. Et épanouis, ils vont se coucher. Heureux. 
One extase Time

Ce sont des cris qui les réveillent en pleine nuit. Sergio regarde par la fenêtre. Le spectacle est horrible. Le chapiteau est en feu. Les flammes ondulent jusqu’au ciel. La toile plastifiée dégage des nuages noirs et des odeurs puantes. C’est leur vie qui part en fumée sous leurs yeux. Les pompiers arrivent bien trop tard pour sauver quoi que ce soit. Seul les piliers métalliques des estrades et les poteaux en fer qui soutenaient l’armature tiennent encore debout. Salomé pleure. Sergio l’enlace. Le cirque n’est plus. 
One mort Time

La vie n’est pas toujours un Monsieur Loyal, mais les audacieux funambules remontent toujours en piste. 
Si le brasier a tout emporté, Salomé et Sergio ne sont pas vaincus. Leur Amour n’est pas réduit en cendres. Leur passion brille toujours. Leur coeur tambourine de plus bel. Et leurs corps vibrent ensemble.
Un jour vous entendrez  “le spectacle va commencer”.
One more Time

Sur une plateforme haut-perchée, un couple de trapézistes se tiendra la tête haute, le coeur léger. Avant de s’élancer, ils observeront de là-haut la piste et les gradins, leur univers en forme d’entonnoir. 

Sergio, A part ça tout va bien- La crevette d’acier

2 commentaires sur “One mort Time

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