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Image 27-01-2020 à 13.32

James Wigger, Descending red shoes, 2011.

A genoux, j’attends ses ordres. Mes yeux sont recouverts d’un bandeau opaque, ma bouche comblée par un bâillon-boule. Je ne peux me fier qu’à mon ouïe et à ma peau. Je l’entends tourner autour de moi. Mon épiderme perçoit les mouvements de l’air emporté par la cravache qu’il semble agiter dans le vide. J’attends sagement qu’elle s’abatte sur moi. Mes genoux me font mal.
—Relevez-vous, Madame.

A quatre pattes, collier au cou comme unique vêtement, il attend. Il lève les yeux et me voit manipuler la petite cage qui bientôt emprisonnera sa virilité. Nos regards se croisent, il baisse la tête à nouveau. Il attend sagement mes ordres.
—Viens ici.

Je me relève et il entrave mes poignets. Je sens un lien qui glisse entre les boucles de cuir et qui les relient. Mes bras se lèvent, fixés à je ne sais quelle potence. Je l’entends respirer, je sens son souffle sous mes aisselles.

Il s’approche de moi, le regard baissé. D’un mouvement de la main je lui intime l’ordre de se relever. Son sexe est à ma hauteur. Je l’entrave dans une cage. Je la ferme avec une petite clé dorée que je glisse dans mon décolleté.

Je sens maintenant la morsure du cuir sur mes fesses, sur mes épaules, sur mes seins. Chaque fois, la tige laisse une empreinte brûlante sur ma peau et dans mes chairs. Mes bras prisonniers me maintiennent debout. Ma salive coule par delà la boule qui garde mes lèvres ouvertes bien que je ne puisse émettre aucun son. Il s’approche de mon oreille, sa respiration me l’annonce :
—Ne jouissez pas maintenant, me chuchote-il.

Je prends son sexe captif entre mes pieds voilés qui font des va-et-vient sur le plastique dur. Je me caresse les seins tout en demandant à l’homme devant moi de me regarder. Une de mes mains descend vers ma vulve que je fouille langoureusement. Mes orteils descendent jusqu’à ses couilles enserrées pour maintenir la prison de sa bandaison bien en place. L’empreinte du plastique s’est imprimée sur sa peau fine. Je m’approche de ses lèvres, me détourne vers son oreille et lui chuchote :
—Ne jouis pas maintenant, avant de laisser l’empreinte de mes dents sur son lobe.

Il fait maintenant glisser ses doigt sur ma toison. Mes fesses me brûlent, mes bras tirent. Il entortille mes poils avant de venir se glisser dans ma cyprine. Ses doigts s’agitent en moi. Je tangue. De l’autre main, il investit mon cul. Je suis au bord du supplice, il me libère:
—Jouissez maintenant !

Je viens frotter mes doigts dégoulinants de cyprine sur son gland, à travers l’ouverture de la cage. Il pousse un râle. Je le masturbe dans son écrin transparent, je joue avec sa toison  Mon autre main se dirige vers son cul. J’humidifie son anus avec ma mouille avant d’y glisser mes doigts. Il se trémousse comme une petite chienne en chaleur. Je le libère :
—Jouis maintenant !

Il me rend la vue, libère ma bouche et dénoue mes mains. Il essuie ses mains sur son ventre et y étale ma cyprine.
—Léchez Madame.

Je libère son sexe. J’essuie son sperme sur mon ventre.
—Lèche maintenant.

Il me prend dans ses bras.

Je l’enlace tendrement.

Des plaisirs opposés, presque contradictoires en apparence mais finalement si semblables, juste à la recherche du plaisir. Le brutal, le tendre. Le bien, le mal. La domination, la soumission. Autant de facettes d’une même personne qui forment un tout harmonieux, une sexualité sapide adoucie de quelques glaces à la vanille.

Contrainte du 28/01/2018 : Entrave, Chuchotement, Empreinte, Sapide, Cyprine, Ventre, Toison, Morsure, Ordre

 

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