Conte de fesses à Cuba

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Il était une fois, Sarah et moi…

Croisée sur les bancs du collège, elle est rapidement devenue mon double, ma sœur de cœur. Nous nous sommes transformées en femme ensemble: partage de compliments rassurants, de questionnements farfelus et de premières expériences sexuelles curieuses. Puis elle a rencontré l’Amour et est devenue maman à vingt ans. En sursis du désir de maternage, j’ai poursuivi seule mes explorations des mâles et de leur corps ; sacrifiant mon romantisme pour jouir d’une sexualité dépravée, volonté de capitaliser les expériences et les conquêtes en prévision de la rencontre avec mon prince charmant. Loin d’être un prince, un homme a toutefois fini par me charmer, et je lui ai consacré toute ma lubricité.

Nous avons écrit la classique fin des contes de fées « Ils se marièrent et eurent beaucoup d’enfants ». J’ai surmonté la psychose maternelle transitoire inévitable pour assurer la survie de ma progéniture. C’est alors qu’une certaine forme de lassitude s’est insidieusement immiscée en moi. Je dois confesser que l’émerveillement devant un dessin gribouillé ou même devant une chorégraphie improvisée sur Sébastien Patoche ne me permet pas de vibrer (tout comme la satisfaction d’un bac à linge vide ou d’un frigidaire rempli). L’éternelle adolescente qui sommeille en moi s’est mise à en vouloir beaucoup à des Perrault et autres frères Grimm.  Je remettais en doute le fait que cette fin heureuse suffise à toutes les princesses ; ou plutôt je m’avouais que, finalement, j’enviais le rôle de la petite souillonne.

Sarah, qui est entrée dans le moule bien avant moi, avait déjà revu ses idéaux romanesques pour écrire autrement la suite de son histoire : elle est devenue depuis femme adultère. Elle va chercher auprès d’autres hommes l’étincelle que son mari, pourtant aimant et attentionné, ne peut plus lui offrir. Cela lui réussit, elle est rayonnante de bonheur. Je n’avais pas encore franchi ce pas, prisonnière de ma morale. Et c’est avec préméditation que nous nous sommes accordées une évasion entre copines à Cuba. Pour que je puisse renouer avec mes vieux démons loin de mon quotidien. Avec l’idée que la distance et l’exotisme m’aideraient à me défaire de mes chaines peut être bien pensantes en tous cas bien pesantes.

Cuba sait accueillir ses visiteurs. Les contrôleurs aux frontières sont pour la plupart si ce n’est la totalité des contrôleuses, vêtues d’uniformes ultra sexy : vestes militairement kaki et jupes indécemment courtes. Les dentelles et autres résilles sont de rigueur. La vue de toutes ces jambes gainées de bas nous conforte dans la certitude d’avoir choisi la bonne destination. Nous quittons La Havane en taxi collectif dès le lendemain matin pour Trinidad, ville colorée au sud de l’île. Nous arrivons en fin d’après midi. Ce soir c’est « casa de la musica », première vraie soirée à Cuba.

L’endroit est un lieu à ciel ouvert où se retrouvent des touristes et des locaux, qui se mêlent joyeusement au son de la salsa. Je suis plutôt rock n roll mais je ne peux être insensible à la sensualité qui se dégage de cette danse. La vue de ces corps qui ondulent avec grâce au son des bongos m’excite. Nous savourons des mojitos relevés d’une pointe d’angostura et l’ivresse naissante me fait me sentir fébrile. C’est alors que je suis invitée à danser. J’ose me lancer, ne pouvant décliner l’invitation d’un si beau partenaire. Nos corps se collent l’un contre l’autre et nos bassins s’animent. Il s’appelle Luis, a passé six mois à Paris pour enseigner son art. Quelle aubaine, je suis totalement novice. Je me sens malhabile et mes yeux se baissent pour tenter de caler mes pas aux siens. Il me prend délicatement le menton pour relever ma tête.

–Pour suivre mon rythme, plonge tes yeux dans les miens et je te guide, me suggère mon professeur particulier.

C’est effectivement beaucoup plus efficace et, petit à petit, les yeux dans les yeux, nos pas s’accordent. Sentir son corps musclé contre moi est délicieux. Son bassin emporte le mien dans un balancement exquis. La profondeur de son regard me fait tourner la tête. Son souffle est comme une caresse sur ma joue. L’érection naissante qui pointe sous son pantalon en lin me fait mouiller mes dessous. Mon souffle devient court. J’ai envie de lui. Il le perçoit dans mon regard toujours plongé dans le sien et pose ses lèvres sur les miennes. Nous échangeons un long baiser. Je le sens durcir de plus en plus fort. Puis il m’embrasse dans le cou avant de le parcourir avec sa langue à contre temps du mouvement de nos reins. Mes bras autour de ses épaules l’enserrent encore davantage, mes seins se collent sur son torse. Nos respirations montent crescendo en réponse à nos caresses mutuelles. Nous dansons jusqu’à la fermeture, attisant notre excitation. Il me propose d’aller à Ancon. Sarah est en charmante compagnie et nous convenons de nous retrouver à la casa.

 C’est dans le carrosse qui nous mène à la plage que j’abandonne mon rôle de princesse. Sur la banquette arrière de la Chevrolet, il passe un bras derrière ma nuque et m’enlace tout en m’embrassant. Son autre main caresse mes jambes, ses doigts glissent d’une cuisse à l’autre, passent sur mon clitoris par-dessus ma dentelle. Pleines de désir, mes mains se faufilent jusqu’à son sexe qui est tout dressé. De sentir sa verge si dure met mon bassin en mouvement, je fais glisser mes doigts sur la peau douce et fine, descendant de son gland jusqu’à la racine, caressant ses bourses au passage. L’arrêt de la voiture met un terme temporaire à notre exploration mutuelle.

La plage est déserte, le ciel est dégagé et un dôme étoilé surplombe nos têtes. La mer des Caraïbes s’offre à nous et nous laissons nos vêtements et nos dessous sur le sable pour aller plonger nos corps dans l’eau transparente. Luis m’attrape par la taille et reprend ses baisers. Puis ses mains se détachent et remontent le long de mon dos jusqu’à mes épaules avant de redescendre jusqu’à ma poitrine. Il prend mes seins dans ses mains, ses pouces et ses index font rouler en chœur mes tétons tout durcis. Son sexe gonflé se frotte contre ma vulve, excitant encore mon clitoris. Mes mains se resserrent sur ses fesses, mes ongles s’enfoncent dans sa chair. Je lève les talons et sa verge se glisse dans mon intimité brûlante. Nous reprenons notre salsa, son sexe en moi, nos soupirs mêlés au clapotis des vagues en guise de musique. Le tempo de nos respirations s’accélère et les mouvements de nos bassins se font de plus en plus vifs. Des bruits sur la plage interrompent nos ébats et nous décidons de regagner le sable. Nous profitons d’un palmier pour nous offrir un peu d’intimité. Je prends son sexe au goût de sel en bouche. Je le suce, d’abord doucement, mes yeux à l’affût de ses réactions. J’adapte mon rythme et la profondeur de mes enfouissements à ses râles. Il jouit dans un cri.

–C’était trop bon, me dit-il gêné, presque coupable de s’être abandonné en moi.

Je m’étends à ses côtés. Il plonge alors sa tête entre mes cuisses. Sa langue vient lécher mon clitoris, décrire des cercles autour de mon petit bouton qu’il mordille avec délicatesse, et il enfonce un doigt, puis deux, puis trois dans mon con inondé, mon bassin accompagne son va et vient. Je jouis rapidement, surexcitée de sentir sa langue, ses doigts comme autant d’explorateurs qui fouillent un nouveau territoire. J’ai le souffle court, il me prend dans les bras tout en poursuivant la découverte de mon corps avec beaucoup de tendresse.

–Tu as quel âge Luis ? je lui demande bien consciente de sa jeunesse.

–C’est important ? me répond-il.

Je ris, excitée tout autant que gênée par l’évidente différence d’âge.

–Non, ce n’est pas important lui répondis-je avant de l’embrasser.

Nos langues qui se mêlent relancent notre excitation et je le chevauche tandis qu’il me regarde dans les yeux. Je veux le sentir tout au fond de moi et me je me mets à quatre pattes, les jambes bien écartées, lui offrant ma vulve dégoulinante, il s’y enfonce en mettant toute sa vigueur dans ses coups de reins pour aller de plus en plus loin en moi, ses bourses butant contre mon cul. Et dans un râle commun nous jouissons.

Nous savourons toute la nuit les délices des plaisirs charnels, lui se délectant de toute l’expertise de ma maturité, moi me régalant de toute l’ardeur de sa jeunesse saupoudrée d’une pointe d’interdit.

Au petit matin, Sarah m’accueille à la casa particular.

–Alors, alors ! Cette première fois ? me demande-t-elle curieuse.

Je ris. C’est vrai, c’est la première fois que je trompe mon mari. Il y aura d’autres premières fois à Cuba ; première fois dans un stade de baseball, première fois à l’arrière d’une Mercury de 1952.

Depuis mon retour, mon conjoint me trouve changée. Pétillante, gaie, épanouie. Il me dit qu’il a retrouvé la femme que j’étais quand il m’a rencontrée  et que je ne dois pas perdre les bénéfices de mon voyage. J’obéis toujours à mon mari, alors je me suis inscrite à un cours de salsa et j’ai rejoint Sarah sur un site de rencontre.

Il était une fois, Sarah et moi, femmes adultères…

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