Allégorie

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Maya était une petite abeille joyeuse mais elle s’ennuyait dans sa ruche dans laquelle elle passait son temps à travailler. Elle avait envie de créer et de jouer.

Alors elle décida d’ouvrir une ruche parallèle qui ne serait pas dédiée au labeur mais au plaisir et à la création. Elle fut rapidement rejoint par d’autres abeilles libres et créatives, et même par un bourdon qui se proposa de l’aider à gérer la boutique.

Dans cette ruche innovante, il n’y a pas de distinction : pas de reine, pas d’ouvrières. Chacune a une place. L’esprit est au partage : nulle compétition ou notation. L’idée était d’inventer à partir d’une contrainte, de neuf couleurs imposées, qui change chaque jour.

Leurs créations quotidiennes étaient merveilleuses, elles représentaient la diversité. Chaque tableau exprimait quelque chose de différent mais que chacun a en commun. En plus de peindre, Maya s’occupait simplement de récupérer les oeuvres de tous et de les exposer correctement. Le bourdon l’aidait dans sa tâche, plantant des clous ou réajustant un peu en ajoutant parfois une pointe de couleur pour les rendre parfaitement conforme aux règles picturales.

Tout le monde était heureux. On jouait, on riait, on partageait. Parfois, Maya était trop occupée à préparer l’exposition et ne pouvait pas prendre part aux récréations. Mais le plaisir lors du vernissage compensait sa frustration.

Toutes ces abeilles et ce bourdon avaient cependant une vie parallèle. Ils ne pouvaient pas passer tout leur temps dans ce monde idyllique. Un jour Maya était plus préoccupée que d’habitude. Elle gardait pour elle sa peine tout en assumant son rôle au sein de ce peuple libre. Concours de circonstances, c’est le jour où la communauté se rendit compte avec effroi qu’on ne leur avait livré que huit couleurs pour un jour suivant.

Colère, ironie, les artistes étaient désemparés et s’amusaient à en rire sans pouvoir dépasser cette situation inédite. C’était le statut-quo malgré les délibérations. On alla chercher Maya qui eu du mal à ne pas s’emporter :

—Non mais vous n’allez pas chicaner pour si peu quand même ? Il est tard, c’est la nuit. Je vais ajouter une contrainte : monochrome !

Ce fut la stupéfaction. Comment monochrome ? Mais moi j’ai déjà fait mon tableau, hurlaient certains. Mais tu nous provoques avec ton monochrome, répondaient d’autres.

Maya se ressaisit, consciente que ses propres difficultés du moment lui faisaient percevoir la situation avec agacement.

—Ce jour-là nous peindrons avec huit couleurs ! déclara-t-elle.

Oui ! Oui ! J’ai pensé la même chose ! Et le peuple créatif adopta cette idée.

C’est ainsi que leur civilisation instaura un rite, chaque mois, en souvenir de cet oubli déstabilisant car en dehors de la règle initiale. Véritable sérendipité ! Parfois des évènements fâcheux amènent à des plaisirs nouveaux et renforcent les liens par le partage d’une histoire et de traditions communes. Depuis ce jour là, même s’ils créent sous la contrainte, leur liberté est encore augmentée.

 

Contrainte du 24/01/2018 : Sérendipité, Allégorie, Notation, Neuf, Chicane(r), Statu-quo, Colère, Emporter

 

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