Lâcher-prise

Image 08-02-2020 à 15.31

Boudoir Shibari 2017

Assise au sol sur une peau de bête, j’attends curieuse, impatiente, un peu inquiète.

Il commence par mes bras qu’il amène doucement dans mon dos. Il positionne parfaitement mes poignets, ajuste l’angle de mes coudes. Un premier autour du gauche, puis du droit avant de les nouer ensemble. Instinctivement ma tête s’est baissée, accompagnant mon regard. J’aime cette première entrave et je me laisse porter. Quelques caresses dans la nuque alternant avec des coups secs d’un petit bâton au sol et sur ma peau ; le contraste est enivrant.

Il prend ma jambe gauche entre ses mains, l’étend sur le côté. Un premier nœud autour de ma cheville et il enserre ma jambe de sa corde sur toute la longueur. Le rythme est imprévisible, la force qu’il met dans ses mouvements l’est tout autant. Si parfois la fibre s’imprime sur ma peau avec la douceur sucrée du chocolat, doucement, tendrement, l’instant suivant c’est comme si elle me prenait avec l’acidité d’un citron, brutalement, sauvagement. Je suis en confiance, je me laisse aller, je lâche prise. Une fois ma jambe complètement encordée, il  relie le lien à mes mains d’un côté et me suspend de l’autre. Mes fesses restent au sol, je suis délicieusement écartelée.

Quelques pressions fermes des pouces à des endroits précis, dos, creux de la main, sont comme des clous qu’il enfonce en moi. Je me courbe davantage caressée par la douceur de son souffle. Ma culotte se mouille. Ma jambe suspendue, mes bras toujours retenus, ma respiration se fait plus profonde. Mes yeux sont clos depuis un moment.

On pourrait penser que je suis prisonnière. Bien au contraire, je suis libérée de mon corps qui pourtant est si vivant, si présent dans l’instant. Mon esprit divague. J’accueille la douleur et la contrainte des cordes dans ma chair pour qu’elles prennent la contre-allée, cheminent et arrivent dans la cour au fond de mon être, lieu magique qui les transforme en plaisir. Il m’a donné la clef et j’ai ouvert cette porte. Ce moment d’abandon durera suffisamment longtemps pour rester graver en moi.

Quand il me libère de mes liens, les nôtres invisibles sont clairs, évidents. Il m’entoure de ses mots et de ses bras, son torse tout contre mon dos. Ma peau porte les marques d’un doux moment si mordant. Je les regarde fièrement.

 

Contrainte du 10/02/2018 : Citron, Clair, Clef, Clous, Comme, Contraires, Contre-allée, Cordes, Cour

 

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