La pin’ette 

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Nobuyoshi Araki

Aaaaah Géraldine, à la fin des années 90, c’était la reine de la pin’ette.
La pin’ette  ? Mais qu’est que c’est me direz-vous.
La pin’ette c’est l’Art de dérouler avec la bouche une capote anglaise sur la bite tendue vers vous. Et Géraldine excellait dans le domaine.
Tout un savoir faire. D’abord délicatement ouvrir l’emballage du bout des doigts, les yeux plongés dans ceux du ou des messieurs. Puis saisir le carcan de latex et le faire rouler pour détecter le sens de son déploiement tout en se pinçant la lèvre avec les dents. Enfin le placer sur le gland et du bout des lèvres le dérouler sur toute la longueur de la hampe et ainsi gober la queue dressée, pour la première fois.
Elle a en recouverte des pines la Géraldine. C’était “les années SIDA”, on avait peur, et hors de question à l’époque de fricoter sans l’armure magique. Et puis en plus ça évitait les bébés. Elle avait tout à y gagner, elle qui aimait baiser.

Elle a fini par faire des enfants avec un gars. Ce n’était pas l’homme dont elle avait rêvé mais ces idéaux elle les a mis au placard, et les préservatifs avec,  pour rentrer dans les rangs.
Maintenant c’est la championne du gratin dauphinois. Elle épluche les patates, les aligne dans le plat, les recouvre de crème, deux-trois tours de moulin, une pincée de muscade, un peu de comté râpé et elle sert le tout, accompagné d’une salade verte sauce maison. Un délice ! Mais rien de bien glamour ni d’excitant. Les seules gratitudes qu’elle reçoit ce sont les cris de sa marmaille, les râleries de son mari et la dilatation de ses vergetures, une fois sa panse remplie.

Elle en a marre la Didine  alors elle s’évade de temps en temps avec des amants. En pleine journée, enfants à l’école et mari au bureau, elle s’offre les joies du latex. Car le SIDA est encore là, et bien d’autres maladies qu’il est hors de question de ramener à la maison. Le condom c’est le gage de Sa liberté.

Elle redécouvre le goût huileux du lubrifiant sur son palais lorsqu’elle protège le sexe dur qu’elle désire, pin’ette un jour, pin’ette toujours. Elle mouille rien qu’en ouvrant l’emballage. Elle imagine déjà son cul démonté, c’est que ça glisse le plastique, ses seins pincées, leurs langues emmêlées. Elle se délecte du moment où il jouit en elle sans aucun risque, le plastique c’est fantastique. Elle se sent de nouveau jeune, comme à ses dix-sept ans. Et dans les bras de son amant, tandis que celui-ci débande, que la capote petit à petit libère son sexe, elle sourit en l’entendant susurrer tendrement “Géraldine, la reine de la pine, c’est net !”.

Ici l’article de Charlie : La capote, la grande oubliée de l’érotisme

Contrainte du 12/02/2020 : préservatif, capotes, condoms, Géraldine, lubrifiants, vergeture, gratin dauphinois

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